Critique: «Les cinémas africains traversent une crise»
Mercredi, 22 Juin 2011 08:16
Membre du Syndicat français de la critique de cinéma et délégué pour l'Afrique à la Semaine de la critique du festival de Cannes, Olivier Barnet rédige les pages cinéma de la revue Africultures et du bimestriel Afriscope, dont il est le directeur des publications. Il dirige aux Editions L'Harmattan la collection Images plurielles, où il a publié Les Cinémas d'Afrique noire: le regard en question (Prix Art et Essai 1997 du Centre national de la cinématographie). Interview.
Youphil - Comment se porte le cinéma africain?
Olivier Barlet - Avant toute chose, je pense que le cinéma africain se décline au pluriel. Il n'y a pas un cinéma africain. Après, on peut s'interroger sur la pertinence de poser la question territoriale dans une culture, un continent en permanent déplacement. En d'autres termes, parler de territoires et de cinéma national en Afrique n'a pas beaucoup de sens. Il existe souvent autant de cinémas que de réalisateurs, y compris ceux de la diaspora. Pour parler de cinémas nationaux, il faudrait une industrie, or on ne peut pas évoquer d'industrie comme on l'entend en France en-dehors de l'Afrique du Sud, de l'Egypte et du Maghreb.
Youphil - On parle beaucoup du dynamisme du cinéma nigérian...
Olivier Barlet - Le cas du Nigeria est à part. Depuis 1992, une production vidéo est née et se développe. Le Nigeria est un grand pays, qui compte plus de 130 millions d'habitants, où des richesses existent même si elles ne sont pas réparties correctement. Ce fut aussi une dictature militaire, avec une très grande insécurité. Ainsi, à la fin des années 90, toutes les salles de cinéma avaient fermé, les habitants ne sortant plus le soir.
Une production vidéo, de très mauvaise qualité mais qui reflète les problèmes de la population, connaît un grand succès. Elle se décline en trois «styles» principaux: les films yoruba, qui évoquent certaines croyances, telles que la sorcellerie, pour aborder les problématiques (...) Lire la suite sur Slate.fr[1]
References
- ^Lire la suite sur Slate.fr(us.lrd.yahoo.com)
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