Réseau socialConnectez avec FACEBOOKUtilisateurs en ligne0 utilisateurs & 205 invités en ligne | Le panafricanisme Extrait du WIKIPEDIA Le panafricanisme se définit comme le mouvement politique et culturel qui considère l'Afrique, les Africains et les descendants d'Africains hors d'Afrique comme un seul ensemble visant à régénérer et unifier l'Afrique ainsi qu'à encourager un sentiment de solidarité entre les populations du monde africain. Le panafricanisme glorifie le passé de l'Afrique et inculque la fierté par les valeurs africaines. Edward Wilmot Blyden(en) (1832-1912) est considéré comme le père du mouvement panafricaniste moderne. Parmi les panafricanistes, on peut citer Marcus Garvey, Henry Sylvestre-Williams, W.E.B. DuBois, Kwame Nkrumah, Fela Kuti, Malcolm X, Nelson Mandela, Steve Biko, Patrice Lumumba, Cheikh Anta Diop, Ahmed Sékou Touré, Julius Nyerere, Bob Marley, Aimé Césaire, C.L.R. James, Abdias do Nascimento, Stokely Carmichael, Pierre Severin Toukoulou, Gamal Abdel Nasser, Mehdi Ben Barka, Thomas Sankara, Maurice Bishop, Frantz Fanon, Houari Boumediène, et plus récemment en Amérique le leader Louis Farrakhan, Moléfi Kété Asanté, Léonard Jeffries, en Afrique les présidents Laurent Gbagbo, Robert Mugabe ou en France le militant radical Kémi Séba.On peut citer des artistes engagés dans la cause panafricaine tels Didier Awadi, Lord Ekomy Ndong, Jah Verity, ou Tiken Jah Fakoly. Le mouvement Rastafari de Jamaïque est né du panafricanisme. Quand Marcus Garvey a déclaré « Tournez vous vers l'Afrique pour le couronnement d'un roi noir », les Rastas se sont tournés vers Hailé Sélassié Ier d'Ethiopie. Il existe une autre interprétation du panafricanisme, c'est l'afrocentrisme, qui s'appuie sur les travaux du scientifique sénégalais, Cheikh Anta Diop, notamment repris par Molefi Kete Asante, théoricien afrocentriste, afro-américain, ainsi qu'en France par Jean-Philippe Omotundé, Réné Louis Etilé Parfait. Ce mouvement tente de réexaminer l'histoire de l'Afrique et sa diaspora d'un "point de vue africain" en s'opposant à l'eurocentrisme. Il s'agit d'un retour à des concepts dits traditionnellement africains et à la "culture africaine". La civilisation égyptienne, ainsi que d'autres, sont alors considérées comme puisant leurs origines en Afrique. Des départements d'études panafricaines existent dans de nombreuses universités d'Amérique du Nord depuis les années 1960. Ama Mazama, professeur antillaise y enseigne dans la pennsylvanie, ainsi que Théophile Obenga professeur congolais y enseigne dans l'état de la californie. | - Histoire du panafricanisme ( 1 Article )
Article original sur Histoblog LA NAISSANCE EXOGENE DES PANAFRICANISMES C'est parmi les noirs d'ascendance africaine situés aux Antilles britanniques et aux Etats-Unis d'Amérique qu'il faut rechercher l'origine du mouvement panafricain. A sa naissance, celui-ci n'était qu'un mouvement de solidarité entre tous les norirs opprossés. Dans le sud des Etats-Unis, avant même la guerre de Secession (1861-1865), l'exploitation des noirs dans les champs de coton ou autres, est dénoncée, notamment par l'écrivaine américaine Harriet Beecher-Stowe (1811-1896) qui, en 1851, publie La Case de l'oncle Tom, qui réagissait à la loi de 1850 qui obligeait à dénoncer les esclaves fugitifs. En 1859, John Brown, un colon du Kansas, est pendu pour avoir appelé a la révolte des noirs en Virginie. Le 31 janvier 1865, le Congrès de Washington abolit l'esclavage sur tout le territoire américain. En 1866 et en 1870 ils obtirent les memes droits que les autres habitants des Etats-Unis. Mais la segregation et l'exploitation des noirs par le sud demeurèrent. Au niveau institutionnel, les noirs n'étaient pas encore sur un pied d'égalité avec le reste de la population. Surtout, ce fut la grande période du Ku-klux-klan, organisation clandestine qui apparue dans les États du sud des États-Unis au cours de la période de la Reconstruction, qui suivit la guerre de Sécession. Le père du Panafricanisme est William Edward Burghardt Du Bois (1868-1963). Il en est le premier théoricien. A la question : "Est-il possible, est-il probable, que neuf millions d'hommes puissent accomplir, sur le plan économique, de véritables progrès, s'ils sont privés de droits politiques, s'ils sont réduits à n'être qu'une caste servile et si on ne leur laisse que la chance la plus infime de developper leurs jeunes gens intellectuellement doués ?" il répondait un "non" catégorique. Ses écrits, n'étant adressés qu'à une "élite", il est au début assez impopulaire. Sa popularité augmentera avec sa décision de subordonner le probleme des noirs américains a celui du panafricanisme. En 1908, il fonde, avec l'aide de blancs libéraux, la "National Assocation for the Advancement of Couloured People" (N.A.A.C.P.) qui regroupaient blancs et noirs hostiles à la segregation raciale. Au départ, Du Bois n'envisageait une amélioration qu'aux Etats-Unis. Sa pensée se radicalisera avec le temps, et il s'appliquera a repenser la carte politique de l'Afrique, proposant, en 1920 "Il est évident que, en vue du developpement de l'Afrique centrale, l'Egypte doit être libre et indépendante sur la grande voie qui mène à une Inde libre et indépendante, tandis que le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et Tripoli, doivent se rattacher à l'Europe en se modernisant dans l'indépendance." Enfin, c'est Dubois qui a incité les Noirs américains à renouer avec leurs origines africaines - comme l'illustre le rappatriment des noirs vers le Liberia. Avocat britannique, Henry Sylvester-Williams, (1869-1911), fut également un precurseur du mouvement panafricain. Inscrit au barreau anglais au XIX siècle, . Il avait noué des rapports étroits avec les noirs africains de Grande-Bretagne, et les conseilla juridiquement. Par exemple, il conseilla les chefs bantous d'Afrique méridionale ou encore aux Fantis, dont le gouverneur de la Gold Coast, souhaitait transformer les terres tribales en propriété de la Couronne. En 1900, au moment de l'exposition coloniale, il convoqua une conférence à Londres contre l'accaparement des terres coutumières par les Européens. Selon DuBois, c'est cette conférence qui mit pour la première fois à la mode le mot "panafricanisme". A DuBois s'opposait néanmoins une autre vision du panafricanisme : celle du jamaïcain Marcus Garvey (1887-1940), qui lance son mouvement au lendemain de la première guerre mondiale, lequel touche des populations noires déjà sensibilisées par les DuBois et Williams. Il s'oppose au "guidage" blanc qui avait été prévu à la génèse de la doctrine. Son discours se heurta dès le début à l'hostilité des intellectuels et bourgeois noirs, et en particulier à celle de DuBois. En revanche, il était soutenu ardemment par les noirs de Harlem. Ce succès le poussa à fonder l'"Universal Negro Improvement Association" dont le but était d'unir le peuple noir. Les blancs étaient totalement rejetés et diabolisés. Il alla jusqu'à fonder sa propre Eglise où les anges étaient noirs et Satan blanc ! Il voulu également fonder la "maison noire" par opposition à la "maison blanche", lança un journal, The Negro World, créa une "légion africaine universelle", organisa le "corps des infirmiers de la croix noire" et s'auto-proclama "président des Etats-Unis d'Afrique". En 1920, au cours d'un meeting au Liberty Hall de New-York, il lança sa fameuse "Déclaration des Droits des Peuples nègres du Monde" en 54 points. Il préconisait également le retour des noirs en Afrique, dans leur "mère patrie." Néanmoins, sa conception du panafricanisme était des plus violentes : il ne réclamait "pas la loi, mais la force; pas la justice mais la puissance" et proclama ave fierté "je suis le premier des fascistes" Il faudrait donc parler DES panafricanismes plus que d'un panafricanisme. Il existe en effet des visions très diverses de ce concept selon les figures fondatrices. Il existe une grande mosaïque de discours. Leur point commun est d'aboutir à une union politique africaine. Certains voient donc des Etats Unis d'Afrique. D'autres, plutot pour une "union subsaharienne" ou encore une "union intertropicale". Les débats sont vifs sur l'implication ou non de Madagascar dans cet union.
LA DIFFUSION DU PANAFRICANISME Il était reproché à DuBois de ne pas avoir d'ambition, d'être trop élitiste, et de ne pas toucher assez du monde. Celui-ci concrétise alors les idées panafricaines de Williams et élargit leurs perspectives en organisant entre 1919 et 1945 les premiers congrès Panafricains. Immédiatement après l'armisice, il vint à Paris pour réclammer, conformément aux principes proclamés par le président américain Woodrow Wilson, le droit des noirs à disposer d'eux-mêmes. Avec l'aide de Clémenceau, 57 délégués noirs issus des colonies purent confronter leurs problèmes communs et soumettre à la Société des Nations la proposition que les anciens territoires coloniaux allemands soient confiés à une gestion internationale, ce qui fut accepté. Malgré ce succès, DuBois était vivement critiqué de tous les côtés. Les gouvernements coloniaux, logiquement, s'opposaient à lui, mais également certains leaders de la NAACP, qui combattaient ses projets, car pour eux, la défense civique des noirs américains était plus importante que la recherche d'une hypothétique unité africaine. "Je n'ai jamais été et ne serait jamais populaire" finit-il par déclarer. Mais il fut également soutenu, notamment par des symapthisants socialistes français et dans les milieux fabiens et travaillistes anglais. D'autres congrès suivront, en particulier à Londres (1923) et à New-York (1927), où les délégués revendiquèrent le droit pour les Africains de faire entendre leur voix auprès des gouvernements qui dirigeaient leurs affaires. Ils proclamèrent également le droit des Noirs à la Terre d'Afrique et à ses ressources, le droit à une justice adaptée aux conditions locales et rendue par des juges africains. Mais ce IVe congrès fut le dernier de ce genre : la crise de 1929 ruina tous les projets concernant un cinquième congrès. Néanmoins, la guerre n'empecha pas DuBois de l'organiser, en 1945, à Manchester. Ce fut un succès. Ce congrès fut marqué par l'apparition de nouveaux leaders sortis, pour la plupart, des milieux étudiants africains de Londres, parmi lesquels le rapporteur principal pour l'Afrique occidentale, le ghanéen Kwame Nkrumah (1909-1972). Les résolutions adoptées dénonçaient les divisions territoriales de l'Afrique, l'exploitation économique destinée à décourager l'Industrialisation, l'installation des colons blancs sur les terres cultivables. Elles réclamaient la lutte contre l'analphabétisme et la sous-nutrition, la reconnaissance du droit syndical ou encore la création de coopératives. Le cadre de l'Afrique noire était dépassée : les congressionistes votaient une résolution sur les Antilles, réclamant l'indépendance de l'Algérie, de la Tunisie et du Maroc. La déclaration des délégués ouest-africains fut unanimement approuvée : ceux-ci demandaient l'indépendance complète et absolue pour les peuples de leurs pays. A la fin du XIXe siècle se developpe l'age d'or de la presse écrite, qui se renforce encore plus dans l'entre-deux guerres. C'est également l'age du developpement de la radiophonie puis de la radiophonie. Ce developpement rend possible la resistance par la médias, qui vont être largement utilisés pour la diffusion du panafricanisme. Les livres de DuBois circulent, notamment The Dark Princess. Son journal, The Crisis, est lu. Dans Ainsi Parla l'oncle... Jean Price-Mars (1876-1969), entreprend la rehabilitation de l'Afrique, de ses races, de sa civilisation et de l'animisme africain. Ceci est important à un moment où les colons nient cette culture dans le but de dévaloriser les africains. Ils nient également leurs histoire : dans les écoles, on enseigne aux enfants l'histoire de l'Afrique avec... la colonisation, qui apparait non comme ce qui leur aurait donné la civilisation mais l'existence. On assiste donc à un renversement des valeurs. Ces histoires africaines sont relayées par des poèmes. Garvey publie une revue, The Negro World. Surtout, il y a George Padmore (1902-1959). Antillais né à Trinidad, il avait été élevé aux Etats-Unis et était devenu politicien et journaliste. . En Allemagne, en 1933, il publia un journal intitulé The Negro Worker. Dans le contexte qui était celui de l'Allemagne des années trente, il fut naturellement arrété. Mais Hitler, finalement, n'était pas radicalement opposé contre un journal qui lui permettait d'étayer des arguments contre une colonisation qui profitait surtout à ses ennemis. En revanche il accepta moins bien les critiques formulées par Padmore à l'égard de sa politique. Il dut s'enfuire à Londres, où il publia, en 1955, Panafricanism or Communism, premier ouvrage traitant de la doctrine panafricaine sous son angle politique et definissant le panafricanisme. Dans sa préface, il est en effet définit comme "visant à réaliser le gouvernement des Africains par des Africains pour les Africains, en respectant les minorités raciales et religieuses qui désirent vivre en Afrique avec la majorité noire." En 1935, est inventé par Aimé Césaire (1913 -) le concept de Négritude. Ce courant littéraire va rassembler les plus grands écrivains noirs francophones : Césaire, bien sur, mais également Léopold Sédar Senghor (1906-2001) ou encore Léon Gontran Damas (1912-1978), ami d'enfance de Césaire, dont le cahier d'un retour au pays natal rappele les souffrances de son peuple et sera salué par les surréalistes. Les projets autonomistes n'apparaitront qu'à partir des années 1940. Et ce n'est qu'en avril 1958 qu'est abordé le thème d'une union continentale indispensable pour faire sortir l'Afrique du sous-developpement, lors de la première conférence des Etats Africains indépendants, à Accra, et à laquelle Padmore a largement participé. On songea même à créer un gouvernement unique pour le continent ! Mais cette idée, on s'en doute, fut rapidement considérée comme utopique... - Actualités du panafricanisme ( 155 Articles )
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